Des mots aux images
J’arrive au terme d’une carrière professionnelle consacrée à l’enseignement de la littérature française en Suisse et aux États-Unis.
Je pratique la photographie macro florale abstraite depuis une dizaine d’années. En photographie numérique couleur, le végétal est le sujet principal de mes photos et, plus spécialement, la partie aérienne de la plante, la fleur qui porte la promesse de la vie future, son projet et son désir.
Contrairement à mes premières photos qui étaient prises “sur le vif”, en nature, sans aucune autre intervention de ma part que le cadrage, mon nouveau projet implique une participation dans la construction de mon tableau, un parti pris subjectif. Je compose un paysage qui comprend de l’eau, de la peinture ou de l’encre, du verre parfois, et je les vois réagir et correspondre avec les fleurs que je choisis. Une fois cette “mise en scène” préparée, j’attends d’être surprise et/ou touchée par le mouvement que je vois apparaitre dans l’objectif. Je tente d’être à la fois dans l’accueil neutre de ce qui se présente et à l’affût d’une apparition qui m’inspire.
Ma sensibilité actuelle me pousse à préférer le flou du mouvement qui suggère la vie. Je suis touchée par l’impression que l’on peut ressentir face à l’émergence, la nouveauté, à l’instant de la révélation. On peut dire que ce thème s’impose parfois autant dans ma composition que les fleurs elles-mêmes.
Le flou suggère le lien qui se crée, dans l’espace proche de la fleur, entre les végétaux et l’eau, l’air, etc. Je ne prétends donc pas à la photographie “réaliste”, on l’aura compris. Au contraire, l’observation du vivant intègre non seulement ma participation subjective qui entre en relation avec mon “sujet”, mais invite aussi à voir et à ressentir le lien entre les êtres manifestés présents sur la photo.
Mon outil de travail est le Canon EOS Digital, macro 100 mm, je photographie exclusivement à la lumière naturelle, je n’utilise pas d’IA et ne fais aucune intervention sur ma prise (de type découpe, retouche ou couper/coller).
Cécile Matthey